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Le jour où je me suis fait «blacklisté » d’un hostel



On a souvent de drôles d’expériences quand on voyage. Et certaines qu’on n’imagine même pas être possibles. Je m’en vais vous en conter une de celles-ci…

Lorsque j’étais en voyage, je me suis cassé le pied. Accident bête, mais qui a eu pour conséquence directe de me limiter conséquemment dans mes déplacements. Tout ce qui était d’une simplicité enfantine est devenu compliqué : faire ses courses, prendre une douche, utiliser un mode de transport… Sans oublier qu’on peut tirer un trait sur les visites!

Bref, c’est en toute logique que j’ai décidé de rester au calme au même endroit pendant quelque temps , le temps que mon pied meurtri se répare. Je choisis alors un Backpackers situé à proximité de l’aéroport duquel je viens d’atterrir avec ma patte cassée. Hé oui, parfois on est bien obligé de voyager avec des béquilles, l’expiration d’un visa n’attend pas !

J’en trouve un à 10 minutes de l’aéroport. L’hostel parfait, qui répond à tous les critères de qualité que j’affectionne (j’ai écrit un article à ce sujet d’ailleurs : « Mes 6 critères de sélection pour bien choisir son hostel ») : propre, au calme, lit avec rideau, bon Wi-Fi, cuisine équipée avec frigo, thé et café à volonté, petit déjeuner inclus… Que demander de plus, pour 7€ la nuit ? Cerise sur le gâteau, j’avais l’hôtel pour moi tout seul la plupart du temps, puisque les hôtes ne restaient généralement pas plus d’une nuit. Ils arrivaient en soirée pour repartir très tôt le lendemain direction l’aéroport. Donc parfait pour me reposer en attendant de me rétablir. Mais c’était sans compter sur l’hypocrisie, la fourberie et le culot du manager de l’hôtel! Vous pensez que je suis mauvaise langue ? Lisez la suite, vous vous ferez votre idée!

Après une bonne semaine passée dans cet hostel -où je me sentais comme à la maison- le manager vient me voir pour me dire que l’établissement sera complet pendant 4 jours, car une famille proche du proprio a réservé l’établissement. La date coïncidait avec l’Aïd el-Fitr, la fin du ramadan, et je n’étais pas surpris par cette annonce, car beaucoup de musulmans se retrouvent en famille pour fêter ça, et c’est donc une période chargée.

Jusque là tout va bien, il me prévient à l’avance, j’ai donc le temps de chercher un autre hostel. Ça tombe bien, il y en a deux autres disponibles dans le coin, dans un rayon de 100 mètres. Très pratique, quand on ne peut pas faire de grandes distances…

J’en choisis un qui vient tout juste d’ouvrir. Le proprio est très sympa, aux petits soins avec moi. Limite trop, toujours à me demander si ça va, si j’ai besoin de quelque chose… Je suis handicapé OK, mais pas encore grabataire, j’aurai presque envie de lui dire pour rigoler:)

Donc tout va bien, sauf que le Backpackers est un peu moins agréable que le premier : la moquette un peu sale, les toilettes pas d’une propreté irréprochable, et surtout un défaut majeur : pas de lavabo dans la salle de bains ! Il faut aller dans le coin cuisine pour se laver les dents ou se laver les mains, on a vu mieux niveau prestations… Bref, malgré la gentillesse du propriétaire, je préfère revenir dans le premier hostel. Sauf que cela ne va pas être possible, à ma grande surprise…

La veille du jour où la famille doit partir, j’envoie un mail au Backpackers pour les prévenir que je souhaite revenir. Pas de réponse, alors qu’auparavant le manager avait été très réactif. Du coup, je décide de me me rendre sur place (il est à 200 mètres) pour leur dire que je souhaite check-in.

A ma grande surprise, je trouve l’hôtel vide. Personne, pas âme qui vive ! (j’ai pu y rentrer car j’avais toujours le code d’entrée). J’en profite pour noter le numéro à composer en cas d’absence, et les appelle. Je tombe sur le manager et je lui dis que je souhaite check-in. Il me dit qu’il faut qu’il vérifie les réservations, et rapidement me signale qu’il ne peut pas trop me parler parce qu’il est au travail (ah bon d’accord… mais ce n’est pas censé être ton travail, de répondre au téléphone et d’accueillir les gens qui viennent frapper à la porte de ton établissement?), qu’il me rappellera plus tard, et met fin à la conversation.

Je suis surpris par cette attitude un peu cavalière, et commence à me dire qu’il y a quelque chose de bizarre. Je suis à son hostel en ce moment même, il est ABSOLUMENT vide, et il me dit qu’il doit vérifier les réservations pour savoir s’il y a un lit de disponible? Je ne vois pas comment il pourrait être complet le soir même, alors qu’il n’y avait jamais plus de 3 personnes -moi y compris- dans un dortoir de 8 du temps de mon séjour !

Je lui envoie un texto dans la foulée pour lui demander de me donner une réponse rapidement. D’abord parce que je dois savoir si je check-out de l’autre hostel ou pas. Et aussi parce que j’ai besoin d’être fixé pour savoir où je dors le soir-même… Et c’est bien la moindre des choses d’avoir une réponse claire et précise, non ?

Je lui rappelle au passage qu’il m’avait dit que la famille partirait le 18, libérant ainsi les chambres. « Le 19 , pas le 18 », me répond notre hardi gestionnaire des réservations qui à ce moment précis commence à me chauffer sérieusement les oreilles. J’ai peut-être un pied cassé, mais pas encore Alzheimer. Je commence à cet instant à avoir la désagréable impression qu’il se moque de moi. Essayant tant bien que mal de clarifier la situation, je lui réponds alors que je viendrai le 19 pour 4 nuits sûres, concluant mon message par un agacé « if you don’t mind » (traduction : si vous n’y voyez pas d’inconvénients). Je ne croyais pas si bien dire…

Plus tard dans la journée, il me passe un coup de fil pour finalement ne pas m’en apprendre plus, à savoir : qu’il doit encore vérifier les réservations et qu’il me rappellera dans la soirée pour me dire si un lit sera disponible le lendemain (ce qu’il ne fera pas de surcroît). C’est vrai que ça prend facilement une journée entière pour arriver à décrypter un logiciel de réservations hôtelières. Notre éminent manager et réceptionniste à mi-temps aurait-il fait l’impasse d’apprendre comment fonctionne son logiciel? Permettez moi d’en douter, il avait l’air de savoir ce qu’il faisait auparavant.

Le plus cocasse dans cette histoire, c’est qu’en expert ès voyage ultra prévoyant que je suis, j’étais déjà allé vérifier sur Booking.com s’il y avait des disponibilités. Et disponibilité il y avait OFFICIELLEMENT! (à condition que les disponibilités aient été mises à jour bien évidemment). Donc je savais mieux que lui si son établissement était complet ou non, et il ne l’était pas, visuellement et informatiquement parlant!!

En tout état de cause, le bougre me cachait bien quelque chose, sans que j’en sache la raison. Mais je n’allais pas tarder à découvrir la sournoise vérité…

Le lendemain matin, je lui envoie un texto pour lui demander s’il a un lit. Il me répond « peut-être ». Mauvaise réponse, il y a un bug dans la matrice. Là, mon sang ne fait qu’un tour.  Je lui réplique sans ambages que « peut être » n’est pas une réponse, et que je veux un oui ou un non ferme. J’ai passé l’âge de me faire balader de la sorte… Il est maintenant évident que l’indécis n’est pas pressé de me voir revenir et qu’il ne veut pas me dire la vérité. Et c’est finalement en le poussant dans ces dernier retranchements -je ne le lui laisse plus tellement le choix- que je parviens enfin à mes fins  : lui faire cracher l’insoutenable vérité. Aussi cruelle soit elle, je devais la découvrir !

Voici sa réponse :

Yes, we can’t have you. I didn’t say fully booked. We can’t have you » (merci de répéter le bègue, je sais encore lire)

Et donc le pourquoi du comment… ? Roulement de tambours….boum bada boum…

Since you always use everything without permission, like using air con. It’s a waste of electicity (…). You have the limitation only in the dorm

Ah bon, j’utilise tout sans permission??? Désolé, mais je ne savais pas qu’il fallait demander l’autorisation pour pouvoir utiliser les choses, tels les toilettes, la douche, le frigidaire, la TV, le café gratuit… ? C’était la première fois qu’on me disait ça!

Que répondre, devant un argument aussi imparable que celui-là… Mais il ressort surtout que c’est mon utilisation abusive de la climatisation dans le salon qui semble lui poser problème. Je me sers de la commande de contrôle SANS LUI DEMANDER L’AUTORISATION et ça lui coûte visiblement trop cher. J’en reste bouche bée. Ça mérite effectivement un bannissement à vie…

Pas touche à la télécommande!

Pour info, je ne suis pas un fan inconditionnel de la climatisation, loin s’en faut, mais quand il fait chaud et humide et qu’on sue régulièrement à grosses gouttes, je ne m’en prive pas. Malheureusement je ne savais pas qu’il n’était pas permis d’être au frais dans cet hôtel. Je suis prié de transpirer en silence et de ne pas toucher à la télécommande, propriété du chef. Remarquable sens du service.

Là où la logique cet impétueux manager bat de l’aile, c’est que j’avais demandé auparavant à son sympathique employé comment faire marcher la climatisation, et celui-ci m’avait gentiment indiqué comment me servir de la télécommande. J’avais donc implicitement l’autorisation de l’utiliser, et par conséquent je ne pouvais pas savoir que la climatisation était uniquement sur demande. CQFD (je suis fort en logique je sais).

Au passage, j’avais également remarqué que le perfide manager en question n’était pas souvent à l’hostel, il y venait tous les 2/3 jours. Et quand il y passait, c’était pour faire quoi à votre avis…? Ouvrir les fenêtres de la pièce commune EN GRAND! Et cela aussi longtemps qu’il se trouvait à l’hostel, de sorte que l’air chaud et humide s’engouffrait inévitablement à l’intérieur. Ceci explique peut être pourquoi je mettais en route la climatisation dès son départ… Ce qu’il a dû remarquer et ne pas apprécier. Je précise au passage que par souci d’éthique de l’environnement, je fermais les fenêtres avant d’allumer la climatisation (je me félicite moi-même pour ce geste envers la planète, tonnerre d’applaudissements svp)

Depuis quand doit-on demander l’autorisation  d’allumer la climatisation quand on a chaud, à plus forte raison quand on a personne à qui demander (puisque comme je l’ai dit précédemment, j’étais pratiquement tout seul la plupart du temps)?? Est-ce ma faute s’il fait une chaleur étouffante et que je transpire à en mouiller mon t-shirt au bout de 10 minutes ? Et dans un pays où c’est quasiment un sport national de faire tourner la climatisation (dans les bus, taxis, centres commerciaux…), ce n’est pas un peu fort de chocolat de me faire reprocher ça…? Je trouve personnellement que c’est l’hôpital qui se fout de la charité, mais chacun son point de vue. Pour sûr, le bien-être de ses hôtes était le cadet des soucis de cet administrateur pingre.

Mais le meilleur reste à venir. Je lui demande alors pourquoi il ne me l’a pas tout simplement signalé. Entre adultes responsables (et courageux), on doit normalement pouvoir se dire les choses en face. Ce à quoi le malotru a l’indélicatesse de me répondre qu’il avait agi ainsi parce qu’il avait pitié de moi avec mon pied cassé (« because i pity with your condition » dans le texte). Incroyable, en plus d’être un hypocrite patenté, le bonhomme se paie littéralement ma tronche.

C’est derrière cette excuse tiré par les cheveux que le fourbe pensait me faire avaler pourquoi il n’avait pas osé me faire la remarque ? Pauvre petit handicapé que je suis, avec mon pied écharpé, qui utilise la climatisation à outrance…  😥 Je ne lui dit pas qu’il ne doit pas utiliser la climatisation parce que j’ai peur qu’il fasse un malaise peut-être… Mais qu’est ce qu’il me coûte cher ce con d’estropié! Ça atteint des sommets, à ce moment là j’ai une envie soudaine de lui faire manger mes béquilles à ce petit gredin.

Bref, suite à cet échange houleux mais finalement ô combien passionnant avec ce futur manager de l’année en service clientèle, je n’avais d’autres choix que de rester dans le second hôtel. Et ce n’était finalement pas plus mal puisque le propriétaire, qui débute dans le métier, se montrait très à l’écoute de mes voyages et même avide de mes conseils. J’ai finalement gagné en sociabilité ce que j’ai perdu (relativement) en confort.

Vous pensez l’histoire terminée ? Patience mes amis, il reste le dessert, une petite cerise sur le gâteau !

Comme souvent, j’avais effectué la réservation sur Booking.com. Et après chaque séjour dans un hôtel, on reçoit automatiquement un mail de Booking.com qui nous demande si notre séjour s’est bien passé, et nous invite à laisser un avis si besoin. Sauf que le mail que je reçois est tout autre : il m’informe que l’établissement en question a signalé que je n’y avais pas séjourné. Surprenant, moi j’avais le souvenir d’y avoir passé 9 nuits… Très logiquement, je ne me prive pas de démentir cette information dans la foulée.

Mais alors pourquoi déclarer que je ne me suis pas présenté à l’hôtel ? Pour que je ne puisse pas laisser d’avis, pardi ! Ce manager n’était décidément pas à court d’imagination quand il s’agissait d’opérer de sombres manœuvres. Il va sans dire que je ne me suis pas fait prier pour dire tout le bien que je pensais de l’attitude et des méthodes de notre valeureux manager en herbe sur Booking.com…

Mais bon, tout est bien qui finit bien, puisque cette (més)aventure m’a permis d’écrire cet article en forme d’exutoire!

Alors vous dîtes moi, quelles sont vos expériences les plus déroutantes en hébergement ?

2 commentaires

  • Mael - Traounomad

    Et bien …
    Ton histoire et le ton que tu emploies auront eu le mérite de me faire sourire 😉
    On voit de tout dans les auberges, plusieurs « gros » blogueurs voyage ont raconté leurs expériences les plus insolites/désagréables, ça vaut le détour. Pour ma part j’ai toujours été chanceux malgré quelques lieux insalubres ou la rencontre avec une équipe qui a oublié comment sourire.

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