Jeune fille donnant un coup de poing avec un gant de boxe à un garçon

Les pires comportements de voyageurs en dortoir

Lorsqu’on voyage longtemps, à petit budget, on a souvent recours à des auberges de jeunesse. Dans les auberges de jeunesse, on partage souvent un dortoir avec d’autres voyageurs. Et dans ces dortoirs, on est parfois témoin de comportements… Tour à tour drôles, bizarres, voire carrément énervants !

On peut dire que j’en ai écumé des chambres partagées au cours de ma (longue) carrière de voyageur. Tellement que je pourrais presque prétendre aujourd’hui être devenu un expert en « colocation temporaire et involontaire de voyage ». Temporaire, parce que c’est souvent l’espace de quelques jours. Et involontaire, car l’on ne choisit pas ses colocataires. Souvent pour le meilleur, mais parfois pour le pire !

Ah je peux vous dire que voyager… Ce n’est pas (toujours) une sinécure!

 

_Les libidineux

Un couple qui fait l’amour dans un dortoir : un classique! Deux cas de figure souvent :

_Il y a ceux qui viennent de se rencontrer et qui n’ont nulle part où aller et souhaitent consommer sans plus attendre. On pourrait leur reprocher leur manque d’organisation, mais souvent ce genre de choses ne se décident pas à l’avance, alors difficile de leur jeter la pierre. On a juste envie qu’ils terminent rapidement leur affaire.

_Et il y a ceux qui sont déjà en couple, mais qui décident tout de même de dormir en dortoir. Chambres individuelles déjà prises, trop chères, envie d’échanger avec les autres voyageurs (heu, de quoi il parle?!), ils doivent bien avoir une raison…

J’ai vécu l’expérience une fois. Un couple que je n’ai pas vu de la journée, qui rentre tard dans le dortoir (presque vide à part moi), qui fait ses petits câlins avant de dormir, et qui ni vu ni connu disparaît aux premières lueurs du soleil. Pas gênés les jeunots fauchés…

 

_Le « nerveux »

Alors lui, je ne sais pas ce qu’il lui est arrivé, on dirait qu’une mouche (tsé-tsé) l’a piqué. Le drame, c’est que les symptômes sont inversés : au lieu de dormir il est surexcité. Aller retour incessants dans la chambre, quand tu es tranquillement allongé dans ton lit et que tu essaies de te reposer, de lire ou de regarder un film. Celui là a décidé pour toi qu’il y a mieux à faire que de rester enfermé, et que tu devrais partir visiter la ville. Il te fait comprendre au passage que tu n’es pas dans une chambre individuelle, et donc que tu devras composer avec sa bougeotte jusqu’à la fin de son séjour.

Dans le même genre il y a celui qui ne peut pas faire un mouvement sans qu’il soit brusque. Quand il range ses affaires, il s’assure que tout le monde le sache (qu’il est ordonné ou qu’il n’est pas discret ? Allez savoir…).

Le top du pénible ? Celui qui claque les portes. Pas très agréable quand il est 7h00 du matin et que tout le monde dort. Celui là je crois que tout le monde rêve secrètement de le voir check-out le jour-même…

Mentions honorables à ceux qui ne tiennent pas en place dans leur lit. Quand c’est des « bunk beds » (alias lits superposés), ça peut devenir franchement un supplice, surtout quand le lit grince. On ne peut pas s’empêcher de penser très fort : prenez un Xanax Émile, ça ira mieux (et ça me reposera).

 

_Le tchatcheur invétéré

En voyage on a très souvent l’occasion de faire des rencontres. C’est assez normal de se présenter et de faire connaissance -surtout dans des hostels qui sont des lieux de partage- mais il y a la « manière » de le faire. La plupart du temps, il y a toujours un petit round d’observation avant d’engager la conversation (bien que tout dépende du caractère de chacun).

Mais il y en a certains qui vous tombent dessus d’emblée. Vous n’avez pas encore posé votre sac qu’ils veulent savoir d’où vous venez, ce que vous allez visiter, où vous allez après, pourquoi vous voyagez (seul), combien de frères et sœurs vous avez, est ce que vous aimé la nourriture locale, qu’est-ce que vous pensez des changements climatiques, politiques et sociaux en Ouzbékistan…

Le pire, c’est quand ils s’empressent de vous raconter leur vie et de partager leur point de vue (parfois rétrograde) sur le pays où l’on se trouve, sans que vous les ailliez inviter à s’exprimer. Encore pire quand la personne n’écoute pas votre réponse et embraie sur un autre commentaire personnel dont on se serait volontiers passé.

Là c’est direct alerte rouge : il faut trouver un échappatoire de toute urgence ! Dans ce cas là toutes les excuses sont bonnes à dire : « Zut, j’ai oublié de demander au réceptionniste quelle était la température de l’eau de la piscine. Allez je file me renseigner, à plus tard ! »

 

_Le pointilliste (psycho-rigide)

Attention, oiseau rare. Si vous en avez un dans votre chambre, il peut vous faire passer un très mauvais moment. La bonne nouvelle, c’est que vous ne serez pas seul dans cette galère : toute la chambre va le détester !

Retour d’expérience : c’était un homme d’une cinquantaine d’années rencontré dans un dortoir. On engage la discussion etc., puis au bout d’un moment il me « conseille » de ne pas laisser de nourriture et les chaussures dans la chambre, car il me confie qu’il y a eu récemment des puces de lit (the infamous « bedbugs »!) dans cette auberge à cause d’un manque d’hygiène. J’acquiesce, me disant qu’effectivement c’est une remarque pleine de bon sens.

Le lendemain, à peine sorti du lit, sans un bonjour, le Monsieur vient directement me voir et me demande si je peux sortir les chaussures qui se trouvent à côté de mon lit. Je lui réponds que ce ne sont pas les miennes. Il me redemande. Je lui répète que ce ne sont pas les miennes. Se faire cueillir d’emblée à froid dès le réveil, ce n’est pas très agréable… Et surtout la manière est un peu cavalière, puisque le bonhomme ne s’est même pas donné la peine de me demander si c’était bien mes chaussures avant de m’accuser à tort. Bref, on se dit qu’il n’a pas passer une bonne nuit…

Rapidement, en discutant avec les autres pensionnaires du dortoir, je m’aperçois que personne ne pouvait le supporter car il faisait des remarques similaires à tout le monde, au point qu’il avait même réussi à faire fuir des pensionnaires qui dormaient dans la chambre ! Le type était tellement désagréable qu’après son départ j’ai appris que l’hôtel l’avait banni. Il n’était décidément pas fait pour dormir en dortoir avec d’autres personnes.

Vous savez la meilleure ? Ce monsieur était prof de yoga. Il y a des gens, comme ça, qui ont raté leur vocation…

 

_La vieille acariâtre

Oiseau rare bis! Pas facile de la croiser dans les hostels. Et pour cause, puisque ceux ci sont majoritairement fréquentés par des jeunes. Mais il arrive parfois que ces vieux baroudeurs d’un autre temps (fauchés ou radins, parfois les deux) y posent leurs affaires. Souvent on y retrouve des vieux hippies, qui adorent le contact avec les jeunes (ça doit leur rappeler leur jeunesse). Plutôt que de loger dans des hôtels classieux souvent fréquentés par les gens de leur classe d’âge, ils préfèrent fréquenter des auberges de jeunesse. Tant mieux, cela dénote une certaine ouverture d’esprit. Sauf que parfois c’est l’inverse qui s’est produit. Le vieux l’est devenu dans sa tête mais continue de fréquenter des jeunes, d’où un décalage dont il n’a pas (encore) pris conscience. La « cool attitude » a laissé place à la « con attitude ». Ça sent l’aigreur plus que la candeur.

J’ai rencontré ce type de personne dans un établissement malaisien, c’était une dame étrangère d’un certain âge. D’emblée, elle ne fait pas bonne impression. On le voit à sa manière de s’adresser aux personnes, notamment au personnel de l’hôtel : il faut faire comme ci, comme ça, ça ce n’est pas bien etc. On sent des vieux relents colonialistes dans sa manière de se comporter (ces pauvres indigènes ne savent pas grand chose, il faut tout leur apprendre…). Et on a juste envie de lui faire remarquer que pour 10€ la nuit, on ne peut pas avoir un service 4 étoiles. Donc si elle n’est pas contente, elle peut toujours prendre ses cliques et ses claques et changer d’hôtel… Bref.

Mon premier contact avec elle ne fut pas des plus agréables vous vous en doutez. Au lieu de me dire bonjour, cette charmante septuagénaire me fit remarquer que je ne portais pas de t-shirt. Et qu’en gros, ce n’était pas très classe. Certes, ce n’était peut-être pas très « classe », mais quand je peux éviter de mouiller 3 t-shirts dans la journée à cause de la chaleur étouffante qui règne, je ne me prive pas. Et puis bon, nous n’étions pas dans un hôtel 4 étoiles, mais plutôt dans auberge de jeunesse bon marché, où les salles de bains et toilettes sont partagées. Pas l’endroit désigné pour un défilé de mode, si vous voyez ce que je veux dire.

Cette remarque aurait pu être justifiée si pour ainsi dire cette dame avait été irréprochable en matière de savoir vivre. Or c’était tout l’inverse… En effet, à l’entrée de l’établissement une petite affiche stipulait qu’il fallait laisser ses chaussures à l’extérieur. Sauf que cette vieille dame était la SEULE à porter ses chaussures à l’intérieur. Et lorsqu’elle regardait la télévision dans le salon, elle avait pris l’habitude de poser ses pieds nus sur une table basse de salon…

Lorsqu’en retour de sa réflexion sur mon absence de t-shirt je lui fis remarquer qu’il était interdit de porter des chaussures dans l’établissement, elle m’expliqua le tout simplement du monde que c’était par mesure d’hygiène car elle avait des champignons aux pieds. Et là j’ai repensé à ses pieds nus posés sur la table basse et le canapé du salon… Berk.

Décidément, les principes et règles d’hygiène étaient à géométrie variable chez cette vieille dame imbue de sa personne…

 

_Le sans-gêne

Certaines personnes semblent oublier les règles de bienséance qui prévalent dans les lieux communs. J’en veux pour preuve ceux qui oublient d’enlever leurs chaussures avant d’entrer dans les dortoirs (cf vieille dame). Ou alors laissent traîner leur paquet de chips et autres friandises au sol. La liste des incivilités peut être trèèès longue…

Une anecdote : j’ai le souvenir d’un Monsieur qui dès le matin au réveil se dirigeait vers les toilettes mixtes attenant à la chambre, et qui ne prenait pas la peine de fermer la porte des toilettes lorsqu’il soulageait sa vessie. Très charmant d’entendre le flot de son urine se déverser dans la cuvette. Et encore je suis un homme, mais je vous laisse imaginer la scène pour les filles…

 

_Le bordélique

Il n’est pas méchant celui là, mais on constate que papa-maman ne l’ont pas souvent grondé quand sa chambre ressemblait à Beyrouth. Et ce qu’on a oublié de lui dire, c’est qu’une auberge de jeunesse, c’est pas une cour de récré. Pas gentil de devoir faire slalomer les invités entre ses affaires joyeusement éparpillées par terre dans une chambre de 15m2. A la lumière du jour c’est déjà assez pénible, alors imaginez la nuit… Devoir avancer au radar (je ne suis pas de ceux qui allument la lumière de la pièce lorsque les autres dorment), pour éviter de buter sur des objets non identifiés, c’est pas cool. Et marcher sur une banane, c’est drôle uniquement dans Mario Kart.

A sa décharge, on peut dire que ce voyageur fait montre d’une certaine ouverture d’esprit. Il respire même la soif de partage. Dans sa tête il doit penser : « Tiens mon cher ami, j’ai pensé que tu n’avais pas de shampooing. Prends le mien qui traîne dans le bassin de la douche, ça me fait plaisir! » Ou alors c’est par fierté qu’il affiche ses plus belles affaires à la vue et au su de tous. Parfois on dirait qu’il veut vous les offrir : l’étourdi a pris soin de poser son sac juste devant votre lit ou votre casier !

Je précise dans cette affaire que le bordélisme n’est pas le privilège des hommes. Certaines filles visiblement tête en l’air (ou alors simplement dénuées de pudeur…?) sont parfois étourdies au point d’oublier de ranger leurs sous-vêtements. Tel ce joli string de plage exposé joyeusement sur leur lit, ou ce charmant sous-tif posé sur le ventilateur. Personnellement ça ne me choque pas, mais dans des pays à tradition bouddhiste, ça me gène pour les locaux d’ordinaire pudiques qui doivent nettoyer les chambres…

 

_Le ronfleur

Tout comme le bordélique, c’est le seul dont le « comportement » est excusable. Et pour cause, il ne le fait pas exprès. Mais bon dieu qu’est ce qu’il peut ruiner votre sommeil, le bougre! Et se transformer en une nuit -comme par magie- de parfait inconnu sympathique à ennemi public N°1. Face à un professionnel du sifflement nocturne intempestif involontaire -qui quoique vous fassiez pourrira votre sommeil- il faut se rendre à l’évidence : la bataille est perdue. Même les bouchons d’oreille ont baissé pavillon, n’insistez pas !

Deux solutions s’offrent à vous : soit vous êtes un adepte des préceptes bouddhistes qui vous ont permis d’atteindre la zénitude grâce à votre capacité d’abstraction hors du commun (bouddha power, félicitations du jury), soit vous acceptez l’idée -fataliste- que vous pouvez vous asseoir sur votre nuit de sommeil (et sur votre zafu par la même occasion, il n’est jamais trop tard pour se mettre au yoga).

Perdu pour perdu, autant trouver autre chose à faire : regarder un film, engager la discussion avec d’autres voyageurs insomniaques, sortir noyer sa frustration dans l’alcool, visiter la ville « by night », que sais-je encore ? Non, poignarder son camarade de chambre ronfleur n’est pas une solution désolé…

 

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2 commentaires

  • Tiphaine

    Ahah on sent le grand baroudeur !! Tu pourrais rajouter « celui qui parle en dormant » mais bon il font pas exprès non plus et a default de te réveiller en pleine nuit, il peut, malgré lui, dévoiler des choses assez cocasses.

  • Vincent

    Effectivement j’en ai passé des nuits dans des auberges, entourés de parfaits inconnus 🙂 Une belle expérience de vie en communauté… qui a parfois ses désagréments! Je vois très bien ce que tu veux dire, et ça c’est plutôt amusant, bien qu’un peu flippant au début! 😉

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