Tuk-tuk thaïlandais alignés dans la rue

Comment bien négocier le prix de son transport

Voyager en Asie du sud-est présente un avantage de taille : le faible coût de la vie. Ce faible coût se reflète notamment dans le budget transport. Or si vous n’êtes pas un tant soit peu vigilant, ce budget peut très vite en pâtir, notamment lorsque vous empruntez des transports terrestres. Suivez le guide si vous souhaitez éviter de trop gaspiller votre argent!

 

Lorsqu’on voyage, il est important de savoir bien négocier le prix de son transport si on veut limiter ses dépenses. C’est un mal nécessaire si l’on ne veut pas se faire plumer à chaque fois, car c’est ce qui arrivera si on ne négocie pas! Personnellement je n’aimais pas trop ça au début -ce n’est pas dans mon tempérament- mais avec le temps, on s’y fait et c’est devenu presque naturel.

Je tiens à vous prévenir d’entrée : vous ferez au moins une fois l’expérience de vous faire arnaquer pendant votre séjour en Asie du sud-est. Cela fait partie de l’expérience du voyage, donc autant vous faire à l’idée tout de suite ! Le problème, c’est que la pilule est plus difficile à avaler quand on se fait avoir en connaissance de cause

D’après mon expérience, ce sera en empruntant les Tuk Tuk et taxis locaux que vous aurez le plus de chances de vous faire avoir. Ce sont des véritables pros de l’arnaque (même s’il ne faut pas tous les mettre dans le même panier)!

On est bien souvent obligé d’y avoir recours à un moment donné, pour la bonne raison que c’est parfois le seul moyen de se rendre sur un lieu, en particulier si vous ne pouvez pas vous y rendre par vos propres moyens (j’ai écrit un article sur l’utilité de louer un scooter en Asie). Et ça, nos amis les taxis le savent bien, demandant parfois des prix exorbitants. Qui plus est si vous avez une bonne tête de « farang » novice 🙂

Vous trouverez la plupart du temps des prix fixes lorsque vous empruntez des transports en commun comme les bus locaux, les cars, les trains, les taxis collectifs, les ferrys… Mais si le prix n’est pas affiché, cela voudra donc dire que vous devrez vous retrousser les manches et participer au jeu de la négociation. Et vous avez intérêt à y prendre goût, sinon vous risqueriez d’y laisser des plûmes (et vos billets!).

Voici mes astuces pour éviter de trop vous faire avoir :

Avoir une idée du prix de la course

Quand on voyage, la principale difficulté est de se faire une idée du coût d’un transport. Sachant que les prix peuvent aller du simple au triple -parfois bien plus- pour le même type de transport. D’autant plus facile de se faire avoir quand le prix des transports, public ou privé, est souvent dérisoire. Si bien que payer 2€ au lieu de 1€, cela ne fait pas une grande différence sur le papier, pour nous européens fortunés que nous sommes… Sauf que sur un voyage de plusieurs mois, l’accumulation de petites sommes abandonnées ici et là finissent par peser lourd sur le budget… 1+1+1€ = beaucoup d’€ !!!

La première chose à savoir avant de prendre un taxi/ tuk-tuk ou autre motorbike, c’est d’avoir une estimation du prix de la course. Cela servira de repère pour la négociation.

Astuce :

Comment savoir le prix d’une course si le prix n’est pas affiché ? Je vais vous donner une petite astuce très simple : en demandant à la réception de votre hébergement. Généralement ils se feront un plaisir de vous renseigner (sauf s’ils sont de mèche avec les taxis locaux, ce qui est rare). Dîtes leur que vous voulez vous rendre à tel endroit et que vous souhaitez connaître le prix de la course en taxi. Vous aurez ainsi une idée du prix pratiqué dans le pays. A vous ensuite de vous baser sur ce tarif pour ultérieurement évaluer le prix des futures courses en fonction de la distance parcourue !


Adopter une stratégie de négociation

Il existe -selon moi- trois cas de figure quand on entame une négociation : soit le prix demandé correspond au tarif généralement pratiqué, soit il est légèrement excessif, soit il l’est beaucoup trop

1° Dans le premier cas, la situation est idéale. Si vous estimez que le prix demandé est correct, la négociation n’a pas forcément lieu d’être (ou alors juste pour le plaisir).

2° Dans le deuxième cas, il faudra marchander un peu. Généralement, je fais une contre-proposition en demandant la moitié du prix demandé, ce qui offre la possibilité de trouver un terrain d’entente et de couper la poire en deux.

Exemple : le taxi me propose 4€ la course, je réponds 2€. Si les deux parties négocient en bonne intelligence, on pourra convenir d’une course à 3€.

3° Dans le troisième scénario, si le prix demandé est vraiment excessif (par exemple plus du double), fuyez ! Je vous conseille de tenter votre chance ailleurs, sauf si vous êtes extrêmement patients et/ou êtes désireux de faire étalage de vos talents commerciaux. Personnellement, je ne perds plus mon temps à négocier un tarif beaucoup trop élevé. D’une parce que je sais qu’il sera difficile de le ramener au niveau de prix que je suis enclin à payer, et de deux parce que je n’apprécie guère qu’on me prenne pour un «farang» qui a de l’argent (même si c’est vrai). Dans ce cas je tourne les talons et tente ma chance avec un autre taxi plus honnête qui méritera mon argent.

Dessin d'un taxi proposant un tarif
A vous de voir si le prix de la course vous convient!

 


Astuce :

Lorsque vous entamez une négociation avec un transporteur local, prenez ça comme un jeu et faîtes le avec le sourire! Le sourire en Asie est très important car culturellement il évite de perdre la face. Et il vous rendra également plus sympathique aux yeux du taxi, qui sera tout de suite plus enclin à faire baisser son prix !


Il faut toujours négocier

Il faut toujours négocier, car les Tuk Tuk et autres taxis locaux ne vous annonceront jamais le vrai tarif, sauf quelques rares cas.

Certains transporteurs profitent du reste de la crédulité de quelques voyageurs qui n’ont aucune idée des prix pratiqués dans le pays, ou qui ne font pas l’effort de négocier, finissant alors toujours par payer le prix fort. C’est une attitude préjudiciable, qui à mon sens n’est dans l’intérêt d’aucune des parties. Voici pourquoi :

_Ce comportement incite les locaux à appliquer aux touristes des prix volontairement excessifs, ce qui augmente le coût de la vie.

_Cela porte préjudice à la profession et aux taxis honnêtes qui pratiquent le juste prix, en dépit du fait qu’ils ont du mal à vivre de leur métier. C’est ces taxis qui méritent un pourboire, et qui du fait des mauvaises pratiques de leurs collègues, ont moins de chances d’en avoir.

_Cela nuit aux voyageurs aguerris ou expatriés qui connaissent les prix pratiqués, et qui au final sont obligés de négocier plus dur pour avoir le tarif normal.

_Accepter d’être un simple « portefeuille sur pattes » biaise la qualité des rapports humains avec la population locale. Et lorsqu’on se fait constamment avoir, cela peut gâcher l’expérience-voyage d’un pays, et nous rendre méfiant vis à vis des locaux. C’est ce qui m’est arrivé aux Philippines.

_Et enfin, le touriste se prive du jeu de la négociation qui est un aspect important de la culture locale. Ne pas négocier, c’est ne pas être « respectable » !

Taxis cambodgiens attendant des clients, Otres Beach, Cambodge
Taxis cambodgiens attendant des clients, Otres Beach, Cambodge

Expérience :

C’est aux Philippines que j’ai connu les plus grosses arnaques possibles en matière de transport. Dans ce pays, c’est les tricycles, ou taxis-motos, qui sont largement empruntés pour effectuer des trajets courte distance. Dès mon arrivée, j’ai connu les pires difficultés à connaître les prix pratiqués localement pour un trajet en taxi, comme si une omerta régnait à ce sujet (sans doute du fait des pratiques un peu mafieuses des taxis professionnels qui veulent surfacturer les touristes). Même si le prix des transports locaux restait « correct », je payais souvent beaucoup plus chers sans le savoir. C’est seulement en empruntant un tricycle avec à bord une locale et conduit par un chauffeur honnête d’un certain âge (les jeunes sont souvent plus filous!), après presque deux semaines déjà passées aux Philippines, que je découvris le pot aux roses, à savoir le vrai prix payé par les locaux : 10 fois moins cher ! En somme, je payais 2€ au lieu de 20 centimes. Certes, cela reste très abordable pour un touriste blanc qui a un niveau de vie bien supérieur à la population, et cela ne me dérange pas de payer un peu plus que le prix normal (afin de soutenir financièrement la population locale souvent très pauvre). Mais 10 fois le prix, proportionnellement la différence de prix est énorme… Félicitations du jury pour les taxis philippins, c’est ma Palme d’or de l’arnaque !


Prendre en compte l’endroit et l’heure

Votre capacité à négocier sera, vous le constaterez, sujette aux circonstances. Plus l’endroit sera reculé, plus les tarifs grimperont. C’est normal, il y a moins de taxis disponibles, donc moins de concurrence…

De même, on est beaucoup plus aptes à négocier sereinement lorsqu’on part visiter sans programme défini, sans obligation de prendre un transport (si on aime marcher) et avec du temps devant soi. C’est un levier de négociation non négligeable. A l’inverse, quand on arrive dans une gare routière à 10 heures du soir, exténué après une longue journée de transports, les conditions de négociations sont moins favorables. Surtout lorsque les chauffeurs de taxi vous sautent dessus à peine le pied posé à terre ! Sous le coup de la fatigue, on n’a pas toujours la tête à négocier, et dans ce cas, on est souvent plus enclins à payer plus cher afin d’abréger les négociations et rejoindre le plus rapidement possible son hôtel…

La solution idéale : les applis de transport

Aujourd’hui, grâce à Internet, il existe une solution beaucoup plus simple qui nous épargne de périlleuses négociations : Grab. Cette application, qui est l’équivalent de Uber en France, a permis une petite révolution dans le monde du transport : la suppression pure et simple de la négociation. Comme le prix de la course est fixé à l’avance par l’application, on sait exactement ce que l’on doit payer. Grab, c’est la solution anti-arnaque par excellence.

Comment faire ? C’est très simple, il suffit de télécharger l’application dans le Play Store, de créer un compte puis de l’ouvrir pour commander un transport. L’idéal est d’avoir une carte SIM avec un forfait Internet, ce qui permet de commander un taxi où que l’on soit.

Capture d'écran d'une demande de taxi avec l'application Grab
Grab, très facile à prendre en main

Aux dernières nouvelles, Grab est utilisé à Singapour, en Malaisie, en Indonésie, en Thaïlande, aux Philippines, au Vietnam, au Myanmar et au Cambodge.

Pour les scooters et motos, vous pouvez aussi utiliser Gojek. Cette plate forme, très populaire en Indonésie où elle est basée, permet de faire appel à des moto-taxis. Elle est en plein développement dans les autres pays d’Asie du sud-est.

 

Moi et Fabrice photographiés à l'intérieur d'un tuk-tuk indien

 

Alors, prêt à vous lancer dans le grand bain et à devenir un fin négociateur ?!

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